Qu’est-ce que c’est, sortir du marasme ?
Route alpha. – S’assurer. Gorger le temps d’une certitude bétonnée de papiers.
Souffrir la faille du désir à chaque nouvelle émergence d’une saillance aux cheveux roux, bouclés, pleine d’appels muets aux gras bondissements vaginaux. Garder la loi de la cordée. Travailler, langer l’esprit de la coutume, convertir en sourires la hantise de l’ailleurs.
Assez ! Autoroute de boue, claustration dans l’intime. Intérêt mort-vivant. Imaginaire-cuirassier retenu au vieux port. Oubli dans le possible qui se croit totalité. Rien dans les mots n’accroche plus la paroi, dans cette voie.
Saute ! Coupe la corde. Quitte ce pays traditionnel à s’en boucher les veines et chute volontairement vers plus de corps, plus de souffle et d’effort, plus de courage et de désir, vers ce que le bonheur n’atteindra jamais, coincé dans l’origine.
Une poussée contre la pierre, et virevolte en chien solitaire et tanné, apte aux lieux de béton et à toutes les rencontres avec l’électricité.
Une seule ! Et c’est l’ère du nouveau que tu sens, où tu pourras forer pour faire jaillir tes propres sources.
Une propulsion ! Où tes arcs-réflexes se feront pas de Jivaros. Ô les couleurs artificielles de la peau rouge où le sang s’onde, et voilà la modernité où trans-faire les usages étrangers pour envoûter les techniques, où savoir en corps combatifs se libérer dans nos situations.
Route bêta. – La remontée opère. Les machines sont libérées de leur esclavage récent. Les corps savourent les maladies tout autrement que le noir Damoclès. Les volcans ont rendu Empédocle, leur frère en flux : il a voulu tous les progrès promis et sa divinité n’en a pas souffert. Ses tendons neufs soufflent comme une énorme turbine au loin, à chacune de ses vrilles. Et dans sa parole architecturale, le vibré des câbles vocaux tressés dans un acier nouveau s’étreint mélancolique et vivant. Les stries du muscle global sonnent d’un alliage de météores avalés par les bouches d’une centrale sans ingénieurs, où le feu fait figure de plasma.
Voici : l’axe d’organisation a pris corps et modélise notre prochaine humanité. Les synapses se parlent en intensité, le genou tient la distance indéfinie, l’effort reste affect et le sexe une douceur délocalisée qui s’approfondit sans représentation dans l’organique.
Le cuir encore est l’instrument du diagnostic, en forme de peau.
Le philosophe n’a rien du prophète, et son intervention, crève-cœur où l’humain a saigné, se moule aux pratiques. Les concepts se jaculent et se frappent, se courent et se forgent, dialoguent quand ils mûrissent et s’écrivent lorsqu’ils tombent. Tous les rouages qui vous entourent doivent être sentis et transpirés, dit-il, en mangeant les revues techniques des centrales qui lui manquaient, et les processeurs quantiques de toutes les générations.
Route bêta ! Ou tombe toujours.
Le sol est sûr entre les alvéoles où une nichée d’ouvrières se fait petites mains. L’individu est maigre, meurtre nécessaire d’une idole qui a produit vite, et dans le fossé de latrines pleines de soif, le bonheur où l’on s’est perdu.
Le sol est sûr où rien n’est indiqué, où les signes doivent être frais comme les vierges masturbatoires.
Dans la trace des pas d’Empédocle, se tenir pour réapprendre à lire et couvrir nos peaux tannées comme le grain de ses regards. Tanné le corps des petites femmes, aussi, qui ne nous auront pas suivis, moqueuses et de croupe rousse, ô seul lieu épargné comme un repli de la mer agressée, où nos machines se baignent la bourse et d’autres téguments.
Famille ? Non. Collectif ? Sauvagerie, puanteur des sexes étanches à la toilette monarchique, ce vent de plaisir et de dons crispés de totalité. Empédocle a jailli des semences des hommes qu’il a conduits de montagnes en déserts.
Les vents aux odeurs sèches s’infiltrent dans les sacoches, ils durcissent en vrillant les fins composants de silicium. Les sonars restent silencieux : pas de chaleur, peu d’emploi, ni divertissement, ni aucun fantasme. Quelques écrans, mais le numérique ingéré. Pas de contrôle et pas de force dans cette marche à la liberté qui fait sa place aux sautillants sursauts du conflit, au rampé des enfants sauvages emmenés souriants, aux vols malicieux des avortés.
