Explosion #1

L’Explosion est d’abord l’impuissance à garder. Garder une parole, du sperme, des excréments, le filet d’une sécrétion, de l’argent, son angoisse, un geste symptômatique… Malgré soi, le corps sécrète, il jette au jour, aux autres, à l’Autre, ce qu’à même l’intérieur il voulait garder secret, par un retenir où s’entend l’indéfiniment répété du tenir. Il y a Explosion quand la sécrétion, qu’elle soit matière ou expression, ne peut être qu’un jet ou tout autre mouvement violent : cri, symtpôme, angoisse… Excrétion de soi, frappée de la malédiction du déjà!, puisque c’est comme un inévitable trop tôt que ça explose au départ. Il y a impuissance à garder à temps. Exploser, c’est finir dès le commencement, façon de toujours recommencer pour ne pas continuer. C’est avorter le commencement, histoire qu’il n’y ait pas d’histoire, c’est-à-dire que ça n’en finisse pas – de quoi est fait cet « en »? Assurément d’un corps : l’encore indéfini, désir et symbole d’une répétition, mais signe d’une angoisse de la suite : l’ensuite où rien ne dit qu’il en restera, de la réserve, des phrases à dire, du jus… Le corps est ce qui garde, et dans l’Explosion, il vit l’horreur du « couler sans fin » que Calliclès avait la grâce scandaleuse de désirer (Gorgias, 494a-b) – mais désire-t-on jamais autre chose? Alors tout est mis à feu dès le commencement, pour la jouissance handicapante de « rester coincé dans l’origine » (D. Sibony) : stationner dans le rance d’une fusion lourde d’imaginaire, saturée de fantasme et/donc d’inhibition, immédiat désoeuvrant où le réel échoue.

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